Côte d’Ivoire : une scolarisation en forte hausse, mais des défis importants persisten
En Côte d’Ivoire, la scolarisation au niveau secondaire a connu une progression spectaculaire ces dernières années. Selon les données publiées par l’ANSTAT, le taux d’inscription est passé de 58,6 pour cent en 2020 à 96,5 pour cent en 2024. Une avancée majeure qui montre les efforts consentis par l’État pour rapprocher l’école des populations et offrir davantage de chances aux jeunes.
Cette hausse s’explique notamment par l’extension rapide du réseau scolaire. Depuis 2011, 608 collèges et lycées publics ont été construits à travers le pays. À cela s’ajoute le recrutement soutenu d’enseignants, permettant de renforcer la présence du personnel éducatif, surtout dans les zones où l’offre était jusque-là insuffisante. Pour beaucoup de familles, ces investissements ont enfin rendu l’accès au secondaire possible sans avoir à parcourir de longues distances ou supporter des coûts trop élevés.
Malgré ces progrès indéniables, les résultats aux examens nationaux montrent que de nombreux défis demeurent. En 2024, seuls 40 virgule dix-huit pour cent des candidats ont obtenu le BEPC, et 34 virgule dix-sept pour cent ont décroché le baccalauréat. Ces taux, encore faibles, s’expliquent en partie par les classes surchargées, qui limitent la qualité du suivi pédagogique. Dans certains établissements, les salles dépassent largement les effectifs recommandés, rendant difficile toute attention personnalisée.
Les enseignants, eux aussi, soulignent le manque de matériel, les rythmes très élevés et les difficultés d’encadrement. Les parents observent les mêmes difficultés : même si leurs enfants vont désormais à l’école, la réussite reste incertaine.
Pour de nombreux experts du secteur éducatif, la Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. Le pays a réussi à démocratiser l’accès au secondaire, ce qui constitue un pas immense. La prochaine étape consiste à améliorer la qualité de l’enseignement, à travers la formation continue des professeurs, la réduction progressive des effectifs et l’accès à un matériel pédagogique adapté.
L’objectif est clair : transformer cette forte scolarisation en réussite réelle pour les élèves, afin que tous puissent profiter pleinement des opportunités qu’offre l’éducation. Le défi est grand, mais les progrès déjà réalisés montrent qu’un changement durable est possible.