Une loi d’amnistie permettant la libération de détenus politiques a été promulguée jeudi au Venezuela, moins de deux mois après la capture du président Nicolás Maduro lors d’une opération militaire menée par les États-Unis. Le texte a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale puis signé dans la foulée par la présidente par intérim Delcy Rodríguez, qui a présenté cette décision comme une étape vers la réconciliation nationale.
Selon les autorités, cette amnistie vise à libérer des personnes emprisonnées pour des faits liés aux tensions politiques depuis l’arrivée au pouvoir du chavisme en 1999. Les chefs d’accusation concernés incluent notamment le terrorisme, la trahison ou l’incitation à la haine, souvent dénoncés par l’opposition et les organisations de défense des droits humains comme des motifs utilisés pour réprimer les adversaires du pouvoir. Toutefois, la loi prévoit plusieurs exceptions, notamment pour les crimes de meurtre, de trafic de drogue ou de violations graves des droits humains, ce qui limite sa portée.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte pression internationale, en particulier de la part de Washington, qui en avait fait une condition pour relancer certaines discussions économiques, notamment autour du pétrole. Pour la dirigeante par intérim, il s’agit aussi d’ouvrir une nouvelle phase politique dans un pays marqué par des années de confrontation. Elle a appelé à dépasser la vengeance et la haine afin de favoriser un climat de dialogue.
Malgré ces annonces, les réactions restent partagées. L’opposition et plusieurs ONG se montrent prudentes et soulignent que toutes les personnes détenues pour des raisons politiques ne seront pas concernées. Elles estiment que des centaines de prisonniers restent encore derrière les barreaux et demandent des garanties sur l’application réelle de la loi.
AFP
