Une nuit de terreur. C’est le cauchemar qu’ont vécu les habitants du district de Bigori et de Mankountan-Centre, dans la sous-préfecture de Mankountan (préfecture de Boffa), après le passage d’une violente tornade dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 juillet. Accompagnés de rafales d’une extrême violence, les vents ont balayé plusieurs localités, laissant derrière eux un spectacle de désolation et de profondes inquiétudes.
En quelques minutes seulement, des dizaines d’habitations ont été sévèrement endommagées. Les bourrasques ont arraché des toitures, fait s’effondrer des pans de murs, détruit des concessions et dispersé les biens des familles sinistrées. Pris de court par la soudaineté de l’événement, de nombreux habitants ont dû passer le reste de la nuit sous une pluie battante, sans toit pour les protéger.
À l’aube, le constat était particulièrement amer. Dans plusieurs concessions, les effets personnels étaient ensevelis sous les débris ou emportés par le vent. Vivres, vêtements, ustensiles de cuisine, matelas, meubles et autres biens de première nécessité ont été perdus, laissant des familles entières sans ressources et sans abri.
Si le bilan matériel est particulièrement lourd, les populations se disent néanmoins soulagées qu’aucune perte en vie humaine n’ait été enregistrée. Une issue que beaucoup considèrent comme un véritable miracle au regard de la violence du phénomène météorologique.
Au milieu des décombres, les témoignages traduisent l’ampleur de la détresse.
« Nous avons tout perdu en quelques minutes. Le vent a emporté le toit de notre maison. Nous avons passé toute la nuit sous la pluie avec nos enfants. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien. Nous demandons de l’aide pour reconstruire nos habitations », confie, la voix chargée d’émotion, Ousmane Bangoura, l’un des sinistrés.
Même sentiment d’impuissance chez Salematou Soumah, mère de famille, qui peine encore à réaliser ce qui s’est produit.
« Nous remercions Dieu qu’il n’y ait eu aucun décès. Mais nos maisons sont détruites et nos enfants n’ont plus d’endroit où dormir. Nous espérons que les autorités entendront notre cri de détresse », lance-t-elle.
Face à l’ampleur des dégâts, les responsables locaux multiplient également les appels à la solidarité. Pour Saliou Touré, notable de la localité, une intervention rapide est indispensable afin d’éviter que la situation humanitaire ne se dégrade davantage.
« Les dégâts sont très importants. Plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui sans abri et dans une situation de grande précarité. Nous sollicitons une intervention urgente des autorités, des services de la protection civile, des partenaires humanitaires ainsi que de toutes les personnes de bonne volonté. Chaque heure compte pour soulager les populations touchées », plaide-t-il.
Au-delà des dégâts visibles, cette catastrophe rappelle une nouvelle fois la vulnérabilité de nombreuses communautés rurales face aux phénomènes climatiques extrêmes. Sans moyens suffisants pour reconstruire leurs habitations, les familles sinistrées redoutent désormais les prochaines pluies, qui pourraient aggraver leur situation.
Dans l’attente d’une évaluation officielle des dommages, les habitants de Bigori et de Mankountan-Centre gardent l’espoir qu’un élan de solidarité nationale permettra de répondre rapidement à leurs besoins les plus urgents. Pour ces familles qui ont tout perdu en une seule nuit, l’accès à un abri, à des vivres, à des vêtements et à des matériaux de reconstruction constitue désormais une priorité absolue.
