Le procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a présenté ses réquisitions dans l’après-midi de ce jeudi 5 mars 2026, à la suite de la plaidoirie de l’avocat de l’Agent judiciaire de l’État.
Devant la chambre d’appel, le procureur spécial Aly Touré a requis cinq ans d’emprisonnement assortis d’une amende de cinq milliards de francs guinéens contre l’ancien ministre de la Défense Mohamed Diané.
L’ancien responsable gouvernemental est poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
Abordant le chef d’accusation relatif au détournement de deniers publics, le magistrat a affirmé qu’un écart négatif estimé à 500 milliards de francs guinéens aurait été relevé dans la gestion du budget du ministère de la Défense durant la période concernée. Selon le procureur, le prévenu n’a pas été en mesure de justifier cette différence tout au long des débats.
S’agissant de l’accusation d’enrichissement illicite, Aly Touré a invité la Cour à se référer au jugement rendu en première instance, qui aurait recensé plusieurs biens considérés comme acquis de manière illégale.
« C’est une fourchette de biens illégalement acquis. Pourtant, c’est à lui qu’il revient de justifier l’acquisition de tous ces biens », a déclaré le procureur.
Pour étayer ses réquisitions, le ministère public a également évoqué un marché de fourniture de pick-up qui aurait été attribué par Dr Diané sans respecter les procédures de passation des marchés publics.
« Le contrat existe, mais les éléments relatifs à la passation du marché public n’existent pas. Pourquoi ne les a-t-il pas ? C’est sciemment dissimulé », a soutenu le procureur.
Outre la peine de cinq ans d’emprisonnement, le procureur spécial a également demandé à la Cour de tenir compte, sur le plan civil, des demandes formulées par la partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État.
Parmi ces demandes figure notamment le paiement de 500 milliards de francs guinéens au titre du préjudice que l’État estime avoir subi.
Au moment où nous mettons cet article en ligne, les avocats de Dr Mohamed Diané poursuivent leurs plaidoiries devant la chambre d’appel présidée par le magistrat Daye Mara.
Affaire à suivre.