En Guinée, la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) intensifie ses enquêtes sur la gestion des finances publiques. Le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a pris le 10 avril des mesures visant 111 personnes soupçonnées d’implication dans des affaires économiques sensibles.
Ces mesures concernent une interdiction de sortie du territoire national, le temps que les enquêtes se poursuivent. Les personnes visées occupent des postes variés dans l’administration et dans des structures publiques. On retrouve parmi elles des directeurs administratifs et financiers, des contrôleurs financiers, des responsables de marchés publics, ainsi que des dirigeants d’entreprises publiques comme l’EDG et la SEG.
Parmi les noms cités figure également l’ancien ministre de la Défense nationale sous le régime d’Alpha Condé, le Dr Mohamed Diané, ce qui donne une dimension encore plus politique à cette affaire déjà très suivie.
Les accusations évoquées sont lourdes. Il est question notamment de détournement de fonds publics, d’enrichissement illicite, de corruption, de blanchiment d’argent, d’abus de biens sociaux, ainsi que d’autres infractions liées à la gestion des ressources de l’État.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités judiciaires de faire la lumière sur plusieurs dossiers financiers sensibles et de renforcer la lutte contre les pratiques de mauvaise gestion au sein de l’administration publique.
ETIENNE TOURÉ
